La pratique de Mathieu Cardin tourne autour de la notion de simulacre, opérant comme une forme contemporaine du « culte du cargo ». Tout comme les insulaires qui construisaient des avions de paille dans l’espoir de voir l’abondance revenir, l’artiste reproduit les codes et les apparences des systèmes établis, qu’il s’agisse de l’institution artistique ou de la photographie commerciale, pour remettre en question leur fonction et leur vérité.
Cette approche découle d’une performance inaugurale invisible : son admission à un programme de maîtrise basée sur un portfolio d’images appropriées. Depuis, son travail a déployé cette imposture dans l’espace physique. Il conçoit ses installations comme des leurres ou des décors de théâtre : des structures qui, sous un vernis de propreté et de rigueur formelle, cachent une matérialité précaire et une logique de déconstruction.
Naviguant constamment entre le réel et le faux, l’original et la copie, Cardin tente de révéler l’absurdité de notre relation avec les images et les objets. L’œuvre ne cherche pas à tromper le spectateur, mais plutôt à l’inviter en coulisses, à l’endroit même où l’illusion est fabriquée.