La pratique d’Hugo Gaudet-Dion se déroule dans une zone de tension constante entre le séduisant et le répugnant, le ludique et le macabre. À travers une approche multidisciplinaire fusionnant dessin, sculpture, vidéo et installation, l’artiste construit des univers narratifs saturés où la tragédie humaine se fait passer pour une farce grotesque.
Son travail découle d’une observation cynique des impulsions, des angoisses et de la violence contemporaine. Cependant, plutôt que d’aborder ces thèmes avec gravité, Gaudet-Dion les filtre à travers une esthétique d’excès : des couleurs acides, des formes douces, des figures grimacées et une accumulation d’objets disparates. Il orchestre un « bricolage existentiel », une mise en scène théâtrale dans laquelle le spectateur entre comme s’il entrait sur le plateau d’un dessin animé qui tourne mal.
Bien que le dessin reste la colonne vertébrale de sa production, portée par une ligne compulsive et directe, il s’émancipe de la surface plane pour envahir l’espace tridimensionnel. L’artiste transforme ainsi le lieu d’exposition en un environnement immersif où l’humour agit comme un appât. Ce rire inquiet sert de porte d’entrée pour révéler, juste sous la surface, une réflexion critique sur l’absurdité du chaos environnant.