Mes recherches portent sur l’ambiguïté des codes et des systèmes de langage dans un espace sémiotique, dans la peinture d’aujourd’hui. C’est une réflexion sur la dualité entre les codes plastiques et scientifiques, ainsi que sur le concept d’espace et l’aspect paradoxal qui en découle. Je m’efforce de relier les systèmes, de les faire coexister et dialoguer. Le résultat génère une interaction entre les formes artistiques et les représentations des langages scientifiques.
Différent langagues dans un même espace.
L’espace et l’architecture sont des concepts centraux de mon approche. L’espace se présente de façon abstraite à travers un détachement des plans, un chevauchement de zones délimitées et des assemblages de perspectives multipoints qui creusent la surface de la peinture pour lui donner une impression de profondeur. Un espace objectivement bidimensionnel, qui devient tridimensionnel de façon assez subjective grâce à notre interprétation des codes présentés.
Les compositions suggèrent une continuité de l’image au-delà de ses limites physiques. Une approche qui aide à mettre en lumière la notion d’espace dans mon travail et qui nous renvoie implicitement au monde du cinéma et de la photographie en incluant le concept de cadrage.
La finition brillante et émaillée de certaines zones de mes peintures rappelle l’écran par sa transparence. L’écran est probablement ce qui représente le mieux la transformation de notre culture technologique, nous propulsant dans une nouvelle ère de prothèses « écraniques » (écran). Cette annexe est devenue, de plus en plus, celle à travers laquelle nous voyons et transformons notre environnement. Par leur omniprésence, les écrans redéfinissent nos références spatiales. Les multiples écrans présents dans nos environnements modifient profondément la zone sensible que nous pouvons percevoir ainsi que notre perception de l’image fixe.
Dans un monde où l’écran a pris la place de la réalité et tend à la faire disparaître (Fischer 2008), la peinture, qui était à l’origine une fenêtre sur le monde, est-elle devenue l’image fixe de la réalité « écranique »?
Fischer, H. (2008). Les métaphores de l’écran, Prolifération des écrans/Proliferation of screens. Québec [Que.], Presses de l’Université du Québec.